PERP vs PER : Quelles différences et quel dispositif choisir ?
La comparaison entre le PERP et le PER requiert une compréhension approfondie des mécanismes en vigueur. Le PERP, inaccessible depuis 2020, interagit avec le PER issu de la loi Pacte. Mais quel dispositif d’épargne retraite choisir??
Contexte réglementaire et genèse des dispositifs
Le PERP, le plan d’épargne retraite populaire instauré en 2003, visait à compléter les régimes de retraite par répartition. Son architecture initiale, axée sur la sortie en rente viagère, a révélé des rigidités opérationnelles. La loi Pacte de 2019 a créé le PER pour unifier les dispositifs d’épargne retraite, tout en préservant les droits acquis sur les PERP existants.
Les révisions du PLF 2025 renforcent l’attractivité du PER, notamment par l’extension des reports de déduction fiscale. De telles évolutions s’inscrivent dans un cadre européen qui consolide la portabilité des droits à pension.
Flexibilité des versements et de la gestion
Le PER se distingue par l’absence de plafond de versement et une périodicité libre, contrairement au plan d’épargne retraite populaire qui imposait des engagements contractuels. L’assouplissement s’accompagne d’une diversification des supports d’investissement, notamment via les PER comptes-titres.
Les outils de gestion pilotée, généralisés sur les PER depuis 2023, permettent une adaptation dynamique aux marchés financiers. Les PERP anciens restent majoritairement cantonnés à des fonds en euros moins réactifs.
Options de sortie et liquidité
Le PER autorise des déblocages anticipés élargis, notamment pour l’acquisition de résidence principale ou le surendettement. À maturité, il offre un choix entre capital intégral, rente viagère ou mixte. Le PERP, quant à lui, limite la sortie en capital à 20 %, sauf exceptions contractuelles.
Avantages à l’entrée
Les deux dispositifs maintiennent un plafond de déductibilité à 10 % des revenus professionnels, avec report des droits non utilisés sur trois ans. Le PLF 2025 prévoit d’étendre ce report à cinq ans pour les versements effectués à partir de 2026.
Fiscalité à la sortie
Le PER applique le barème progressif sur les versements déduits, avec un abattement de 10 % pour les rentes. Le PERP impose un prélèvement forfaitaire de 7,5 % sur le capital, aligné depuis 2024 sur le régime des rentes PER.
Les amendements au PLF 2025 introduisent une imposition des capitaux PER transmis avant liquidation, soumettant les héritiers aux prélèvements sociaux. Le PERP conserve son exonération de charges sociales en cas de transmission.
Transfert et portabilité des contrats
Les transferts entre PER bénéficient d’un plafonnement des frais à 1 % avant cinq ans, contre 5 % maximum pour les PERP anciens. Une telle disposition facilite une réallocation stratégique des actifs selon les performances des fonds.
Les transferts partiels de PERP vers PER entraînent une taxation immédiate des plus-values, ce qui nécessite une analyse coût-avantage préalable.
Comment faire le bon choix??
Trois critères déterminent le choix optimal :
- la durée de conservation : le PER est plus performant sur les horizons longs?;
- les besoins de liquidité : le PER offre des possibilités de déblocage élargies?;
- la situation fiscale : le PER permet une optimisation dynamique des avantages fiscaux.
Les simulations actuarielles qui intègrent les derniers paramètres réglementaires confirment l’avantage du PER pour la majorité des épargnants, tout en légitimant des stratégies de conservation sélective de certains PERP anciens. L’évolution prévisible des supports en actions dans les PER devrait accentuer cet écart de performance à moyen terme.